allaiter un bambin de 2 ans

2 ans d’allaitement : mon allaitement long ou non-écourté

Ca y est, on est arrivé à 2 ans d’allaitement (et on les a dépassés)… Jamais, absolument jamais je n’aurais pu croire ça il y a… quelques mois ? Un an, maximum. Et il y a plus de 2 ans, ça m’aurait carrément semblé étrange. Aujourd’hui pourtant, rien de plus naturel et évident pour nous. Mais en 2 ans, notre aventure de l’allaitement a bien changé… Petit point sur l’allaitement non-écourté et retour sur notre expérience !

« Mais tu as encore du lait ? »

J’ai la chance de ne jamais encore avoir eu à me justifier au sujet de l’allaitement prolongé ou plutôt non-écourté. La seule question qui revient de temps en temps, c’est celle-là : « mais tu as encore du lait ? ».

Oui, tout à fait, et je continuerai à en avoir tant que Cesare sera allaité à la demande et stimulera ma lactation. Tant que le bébé tète, il y a toujours du lait. Donc à 2 ans passés, avec un bébé qui mange très bien à côté, j’ai encore et toujours du lait.

Pourquoi continuer à allaiter jusqu’à 2 ans (et après !) ?

Le sevrage naturel, donc non-induit, n’intervient qu’entre 2 ans et demi et 7 ans environ. Un bébé a donc un besoin inné de téter au moins jusqu’à 2 ans et demi. Il est donc tout à fait naturel, sain et bénéfique d’allaiter jusqu’au sevrage naturel de son enfant. Et pour ceux qui verraient l’allaitement d’un bambin comme un acte malsain, sachez qu’un bébé ou en enfant qui ne souhaite plus téter ne va plus téter. Combien de mères témoignent de leur tristesse lorsqu’un beau matin leur enfant leur signifie qu’il n’a plus envie de téter, et que l’allaitement est terminé ? On ne peut forcer un enfant à téter de bon cœur s’il n’en a pas envie. En revanche contrairement à ce qu’on peut lire de la part des gens qui n’y connaissent absolument rien et déclare que l’allaitement tardif peut nuire au développement psychologique de l’enfant (non, c’est totalement faux), l’allaitement permet de former un attachement sain et fort, ce qui va aider l’enfant dans son développement, sa découverte du monde et sa prise d’indépendance. Pendant les tétées l’enfant satisfait son besoin de proximité, pour pouvoir se détacher avec plus d’assurance ensuite.

L’OMS recommande l’allaitement maternel jusqu’à au moins 2 ans (et exclusivement jusqu’à 6 mois). Des études ont montré que les bébés de plus de 12 mois encore allaités étaient moins malades que ceux qui n’étaient pas ou plus allaités. L’allaitement a également des bienfaits sur la santé de la mère, qui sont proportionnels à la longueur de l’allaitement (notamment sur les risques de cancer du col de l’utérus et du sein).
Alors qu’en France plein des mères doivent régulièrement se justifier d’allaiter encore alors que leur bébé a à peine 6 mois, dans plein de pays (principalement dans des pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique) l’allaitement non-écourté est (encore) la norme.

Enfin je dois avouer que je suis plutôt ravie que l’allaitement ait permis que Cesare n’ait jamais (ou en tout cas pas encore mais j’espère que ça va rester ainsi) eu recours aux tétines et qu’il ne suce pas son pouce. Ces deux « outils » de réconfort et d’apaisement du besoin de succion ayant des conséquences parfois dramatiques sur la formation de la bouche, des mâchoires, des dents, et du palais, je préfère largement qu’il tète.

Personnellement, je n’ai pas le projet d’arrêter l’allaitement. Peut-être qu’un jour j’en aurai marre et j’aurai envie d’arrêter. Peut-être que Cesare se sevra naturellement avant. Je n’en sais rien, je ne me mets aucune pression ni aucune dead line.

2 ans d’allaitement : que du bonheur ?

Notre allaitement est source de grands bonheurs depuis le début. Ces petites mains qui cherchent et se posent, la même « bouche chercheuse » qu’on dirait toujours affamée qu’au premier jour, les câlins qui n’ont pas de prix, les regards doux ou amusés, les guilis, les « je t’aime », sa chaleur et son odeur. Les « tétée ! » criés, chuchotés, demandés en riant. L’entendre se réveiller le matin et se faufiler jusqu’à moi pour sa tétée du réveil…

C’est aussi un grand avantage pratique : ne jamais avoir à se soucier du lait à préparer ou emporter, un gain économique et la possibilité de calmer et endormir son enfant quasi instantanément dans la plupart des cas. Encore aujourd’hui à 2 ans, les chagrins et bobos sont vite oubliés après une petite tétée, et c’est le moyen le plus sûr et le plus efficace pour l’endormir pour la sieste ou la nuit, et je dois avouer que je me sens comme une super-héroïne dans ces moments-là !

Si je travaille peu et à domicile, ce qui est un avantage indéniable pour la poursuite de l’allaitement, je connais plusieurs mamans qui travaillent toute la journée et qui allaitent encore leurs bambins après 2 ans. L’organisation est différente, mais si cela vous intéresse c’est possible de conjuguer travail et allaitement non-écourté !

Enfin, ce sont des moments parfois comiques, avec les tétées acrobatiques dont les bambins raffolent tant (des tétées dans toutes les positions imaginables), les levers de tee-shirt (sans soutien-gorge bien sûr) impromptus devant une assemblée (sinon c’est pas drôle), la recherche désespérée et endormie du sein dans des endroits parfois cocasses (non, mon téton ne se trouve pas à proximité de mon nombril…. enfin pas encore !), la façon dont il me regarde littéralement dans le décolleté quand il a envie de téter et que je le fais patienter,…

Mais non, pour être totalement honnête, ça n’a pas été « que du bonheur », surtout au début. J’aime allaiter, et si je continue à allaiter 2 ans après, c’est que la plupart du temps ça se passe très bien et que ça nous convient à tous les deux. Ceci dit j’ai souffert de cette image de l’allaitement « que du bonheur », que vivent peut-être réellement certaines femmes, mais qui ne correspondait pas – pas au début, pas tout le temps, pas exactement – à ma propre expérience et me donnait l’impression d’échouer, de mal faire quelque chose car pour moi ça n’était pas que du bonheur. C’est pour ça que je pense qu’il est important aussi d’être honnête et de reconnaître les moments difficiles que j’ai pu traverser pendant ces 2 ans d’allaitement (toujours en cours), pour que d’autres qui rechercheront du soutien ou une réassurance et qui tomberaient sur cet article puissent comprendre qu’elles ne sont pas seules, que ça peut être difficile, que c’est aussi normal, et que ça peut aussi aller mieux et être, devenir ou redevenir absolument fantastique.

J’en parle plus en détails dans mon article sur nos 10 mois d’allaitement puis nos 18 mois d’allaitement, mais ces 24 mois d’allaitement ça a été génial, mais ça a aussi été ça :

  • j’ai failli arrêté au bout de 3 jours après avoir eu des crevasses – une douleur horrible et un mamelon en sang ;
  • j’ai eu un RED (réflexe d’éjection dysphorique) pendant plusieurs mois – j’avais une sensation de vide, de mal-être intense, au moment du réflexe d’éjection mais cela ne durait que quelques dizaines de secondes en début de tétée ;
  • lorsque Cesare a dû être hospitalisé et opéré pour sa sténose du pylore alors qu’il n’avait que 3 semaines, mon allaitement a été mis à mal à l’hôpital où nous sommes restés 10 jours (ironique, alors que j’avais accouché en maison de naissance) ;
  • j’ai fait un vasospasme du mamelon pendant plusieurs mois, heureusement détecté par une conseillère en lactation IBCLC qui m’a aidée à le faire passer : c’était douloureux mais ça se corrige très bien ! ;
  • j’ai fait une première lymphangite / mastite vers 2 ou 3 mois, puis à 4 mois, puis une autre plusieurs mois après – et vu mon état à chaque fois la question d’arrêter s’est posée. Heureusement une mastite ne dure pas plus de quelques jours et donc ce questionnement avec ;
  • Cesare m’a mordue plusieurs fois avec l’arrivée des incisives – heureusement ça s’est vite calmé et s’est arrivé très rarement par la suite ;
  • il a fait une confusion sein/tétine à cause des compotes gourdes et/ou du bouchon sport des bouteilles d’eau, heureusement on s’en est vite rendu compte et au bout d’une dizaine de jours je n’avais plus de douleurs à l’allaitement ;
  • Cesare m’a réveillée entre 4 et 6 fois par nuit pendant 18-20 mois – j’ai forcément remis l’allaitement en question comme beaucoup (mais en réalité ça n’aurait très sûrement rien changé, ça aurait juste été encore plus difficile de le rendormir !) – la preuve : il fait maintenant des nuits complètes quasiment toutes les nuits depuis ses 25 mois, alors qu’il tète toujours autant la journée ! ;
  • Il me « pince » avec les doigts le mamelon sur lequel il n’est pas en train de boire pendant la tétée, depuis qu’il a environ 1 an et toujours actuellement – c’est douloureux et ça me rend dingue !

Est-ce qu’allaiter un bambin c’est différent d’allaiter un nouveau-né ?

Il y a pour moi quelques différences entre l’allaitement d’un tout-petit et l’allaitement d’un bambin de 2 ans.

La première chose qui me vient à l’esprit, c’est qu’avec un bambin on peut relativement temporiser. Un nouveau né veut téter maintenant tout de suite et il n’est pas envisageable de refuser sous peine de très grosse colère atomique et de lui causer un véritable stress. Un bambin peut généralement être distrait « oh tiens, si on lisait un livre ?! » et attendre que le moment soit opportun pour tout le monde, ou on peut négocier les tétées. Bon, ça ne marche pas à chaque fois !

En parlant de ça, le rythme des tétées est différent. Un nouveau né tète « au mieux » toutes les 3h, voire toutes les 45min et de façon totalement chaotique mais ultra fréquente. Un bambin tète beaucoup moins (hors pics de croissance, maladie, etc.). Globalement Cesare tète 5 fois par jour environ sur une journée normale où je suis peu avec lui : au réveil, pour s’endormir au moment de la sieste (sauf s’il s’endort sur la poussette ou en portage avec son père), au réveil de la sieste, généralement une fois dans l’après-midi puis pour s’endormir le soir. Bon en réalité, ça aussi c’est très fragile comme rythme et si nous passons la journée ensemble il peut facilement téter 10 à 15 fois en 24h….

Le gros gros gros changement ici par contre, arrivé peu avant les 2 ans, c’est la réduction drastique (je pèse mes mots) des tétées nocturnes. MERCI. Non mais vraiment, vous ne pouvez comprendre le bonheur de ne vivre qu’un à deux réveils par nuit – voire aucun ! – que si vous avez passé deux ans à être réveillée 6 fois par nuit. Depuis quelques temps il ne me réveille plus pour téter pendant la nuit et commence la première tétée de la nuit entre 5h et 7h du matin…………….. Je constate depuis plusieurs mois une grosse amélioration du côté sommeil, avec de rares réveils où il se rendort seul, et souvent pas de réveil constaté (mais je suis tellement crevée qu’il m’arrive de ne pas me rappeler un réveil tétée ayant eu lieu pendant la nuit, donc je suis très moyennement fiable), ou alors un réveil tétée généralement court après 3 ou 4h du matin. Autant vous dire que si je me sens toujours autant décalquée, ça me change quand même beaucoup la vie.

L’allaitement long et le père

Je n’avais pas prévu d’écrire à ce sujet dans cet article, mais je viens de lire quelque chose qui m’a fait bondir…..

L’allaitement – qu’il soit long ou pas – ne « nuit » pas au couple ou à la place du père. Je connais plein de mères avec une vie sexuellement active qui allaitent depuis des années, souvent même en co-allaitement. Messieurs, si votre compagne n’a pas envie d’avoir de relations sexuelles avec vous, ou si vous êtes bloqués par le fait que votre enfant tète le sein de sa mère, le problème ne provient très certainement pas de l’allaitement. La mère a peut-être une baisse de libido ou demandez-vous si le problème ne vient pas tout simplement de vous. Si elle est trop fatiguée il y a peu de chances que cela vienne uniquement de l’allaitement, peut-être a-t-elle besoin d’aide, peut-être ne vous occupez-vous pas assez de votre enfant pour qu’elle puisse se reposer elle aussi après une longue journée ou une nuit à ne pas dormir ? Peut-être qu’il est tout simplement normal d’être épuisés (mère et père !) quand on s’occupe d’un petit enfant, surtout si l’enfant se réveille souvent la nuit, et cela est vrai qu’il y ait allaitement au sein ou biberon.

Quant à la place du père, c’est un argument qui ne tient pas la route. Le père de Cesare s’en occupe énormément et s’en est toujours beaucoup occupé, allaitement ou non. Ils ont un lien affectif extrêmement fort, une très grande complicité et font plein de choses ensemble que je ne fais pas avec lui, à tel point que je trouve difficile de dire que je suis sa figure d’attachement principal. D’ailleurs, son papa sait très bien le calmer quand il fait une crise ou quand il se fait mal quand je ne suis pas là. Le lien d’attachement et la proximité affective tiennent à bien d’autres choses que de donner un biberon.

allaitement non écourté 2 ans

Séance photo d’allaitement

Pour fêter nos deux ans d’allaitement et surtout pour immortaliser cette magnifique période avant qu’elle ne prenne fin en cas de sevrage naturel qui arriverait tôt, j’ai prévu de faire une séance photo d’allaitement avec une photographe professionnelle. Je vous partagerai les photos lorsque je les aurai ! Ce sera quand même beaucoup mieux que ces selfies de mauvaise qualité qui illustrent l’article…

***

Voilà, on en est à la date de la mise en ligne de cet article à 26 mois et demi d’allaitement et pas de projet de fin pour cette aventure. On se retrouve sur le blog dans quelques mois pour voir où on en est ! Si vous avez des questions n’hésitez pas à les mettre en commentaire !

notre expérience de l'allaitement non écourté après 2 ans

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3 comments

Chanoi 24 juillet 2021 - 0 h 44 min

J’ai beaucoup aimer vôtre article car je suis dans le même cas que vous ma fille de 18 mois a été allaité exclusivement depuis sa naissance et la dificile d’arrêter elle tête la nuit et se réveille deux fois ou 3 fois dans la nuit. De plus je travaille je n’arrive pas à me reposer la nuit. Aucun soutien de mon conjoint au contraire on me demande de sevrer le plus vite mq fille soit disant qu’un allaitement trop long rend bête l’enfant. Pour le moment ma fille ne fait pas ses nuits elle arrive à faire des journées sans teter.. J’aimerai bien qu’elle puisse faire ses nuits mais jbe sait à quel age. Mais en lisant votre article je garde espoir.

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Mams 15 août 2021 - 0 h 16 min

Super Article !! Ca serait super chouette de lire le témoignage du papa, son point de vue sur cette expérience de l’allaitement non écourté. Je pense que ça pourrait aider beaucoup également 😉
En tous cas , en tant que grand mère, je trouve cela vraiment intéressant et j’aurai moi même aimé pouvoir prolonger l’allaitement car c’est véritablement un lien affectif très fort.

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slowmaman 15 août 2021 - 13 h 53 min

Oui bonne idée !

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